L’Algérie multiplie ses investissements pour diversifier son économie

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L’Algérie multiplie ses investissements pour diversifier son économie

L’Algérie multiplie ses investissements pour diversifier son économie

Avec une croissance à 3,6 % attendue pour 2016, l’Algérie représente la 4ème puissance économique du continent africain. Malgré la chute des prix du pétrole, qui représente, avec le gaz, 30 % de son PIB et 95 % de ses exportations, le gouvernement maintient un volant d’investissements publics significatif  et souhaite attirer les investisseurs étrangers.


Un pays émergent qui réalise un taux de croissance enviable pour les pays développés. En 2016, les experts attendent une croissance algérienne à 3,6 % et tablent sur 2,7 % pour l’année suivante. « Le PIB hors hydrocarbure se développe même beaucoup plus rapidement », commente Dominique BOUTTER.


Une précision importante au vue de la crise des prix du pétrole que traverse actuellement l’Algérie. « Cette baisse des prix affecte l’économie du pays mais la situation macro-économique n’est pas inquiétante pour le moment avec un baril estimé à 50 USD en moyenne sur 2017, compte tenu des marges de manœuvre dont dispose le pays et des leviers que le Gouvernement peut actionner. Les réserves de changes sont à un niveau élevé et représentent encore près de 22 mois d’importations. La dette extérieur algérienne a été presque entièrement remboursée et ne représente que 1,9 % du PIB actuellement. La Banque Africaine de Développement vient d’ailleurs d’octroyer un crédit de 900 millions de dollars pour soutenir le pays dans ses investissements », explique le directeur pays.


Diversifier l’économie du pays


Car l’Algérie cherche à développer les projets d’investissements dans tous les secteurs. Si les infrastructures restent une priorité, le pays souhaite également investir dans les énergies renouvelables pour économiser ses réserves en hydrocarbure et surtout, pour respecter son engagement pris lors de la COP21 de réduire l’émission de gaz à effet de serre.  

Soucieux d’attirer les capitaux étrangers, le Gouvernement vient d’ailleurs d’adopter un nouveau code des investissements dont l’intention est de faciliter les investissements étrangers. « Les responsables politiques s’accordent aujourd’hui sur l’urgence de  diversifier l’économie.  Ils sont en train de mettre en place un certain nombre de mesures pour répondre aux demandes fortes de facilitation des affaires émanant de du secteur privé, dont la place dans  l’économie connait une croissance très rapide», indique l’expert. Cette diversification de l’économie se manifeste d’ailleurs actuellement de manière très dynamique et concrète, dans l’agriculture et l’agro-industrie, dans l’industrie lourde - en s’appuyant sur un coût de l’énergie très compétitif -, dans l’industrie manufacturière (automobile, électronique et électroménager, textile,..)  - grâce à une main d’œuvre abondante,  et dans les services associés (formation professionnelle, tourisme à l’échelle nationale, distribution moderne en mutation rapide) ;


Pour investir en Algérie, il faut néanmoins soumettre une demande qui doit être autorisée avant de se lancer, et la règle du 51/49, qui impose un ou plusieurs partenaires algériens majoritaires, persiste pour moment, même si elle ne paraît plus gravée dans le marbre.  «  Une implantation locale, c’est en effet l’obligation de trouver un partenaire fiable, avec les mêmes objectifs que l’entreprise. Ce partenaire doit en particulier être utile pour  gérer les aspects administratif souvent complexes », et apporter son réseau et sa connaissance de l’environnement industriel et commercial, explique Dominique BOUTTER.


Des relations franco-algériennes extrêmement imbriquées


L’expert souligne également l’importance de se rendre régulièrement sur le territoire pour se développer commercialement. « S’installer en Algérie, c’est une option qu’il ne faut jamais négliger. Il y a beaucoup de places à prendre et ce sont ceux qui viendront les premiers qui occuperont le marché. Un exemple parmi beaucoup d’autres est celui de la société « Les Pages Maghreb » fondée et dirigée par le président du comité local des  CCEF, Michel BISAC qui est aujourd’hui est leader sur son marché (information commerciale et services professionnels associés, centres d’appel, hot line clients, enquêtes commerciales de terrain) », raconte-t-il.


Mais, l’Algérie est bien plus qu’un partenaire économique stratégique pour la France. Les deux pays entretiennent des relations extrêmement imbriquées depuis de longues années. « Il y a une réelle proximité entre les Algériens et les Français. Nous mettons en place beaucoup d’actions pour continuer à garder ce lien. Chaque année nous organisons les Rencontres Algérie qui permettent aux entreprises françaises de rencontrer les entrepreneurs algériens, des experts. En 2017, elles auront lieu fin Janvier, avec un focus sur l’agroalimentaire et le secteur industriel  en général», précise Dominique BOUTTER. Au-delà de ce rendez-vous régulier, ce sont près de 400 entreprises que Business France accompagne chaque année dans l’approche du marché algérien, à titre individuel ou sur une vingtaine d’événements sectoriels organisé par l’équipe basée à Alger, avec un focus important sur l’industrie, l’énergie et l’environnement, sans oublier les autres secteurs qui sont tous potentiellement intéressants.


  • Publié le 09/12/2016
  • Catégorie: Afrique