Le renouveau de la filière mer dans les Pays Nordiques

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Le renouveau de la filière mer dans les Pays Nordiques

Le renouveau de la filière mer dans les Pays Nordiques

Alors que les chantiers navals d’Asie attirent les regards d’investisseurs soucieux de nouveaux marchés, la mutation qu’opèrent actuellement les acteurs de la filière Mer dans les pays du Nord - digitalisation, énergies vertes, équipements autonomes / intelligents - pourrait bien remettre les marchés historiques que sont le Danemark, la Norvège, la Suède et la Finlande au cœur du jeu. Avec à la clé des opportunités nombreuses pour les fournisseurs français, reconnus performants sur les technologies et projets d’équipements à haute valeur ajoutée. Reste à concrétiser une offre cohérente et affronter la concurrence qui se précise dangereusement sur ces sujets…


La mer, tête de pont des Nordiques


En 2017, les armateurs danois ont transporté 10% du commerce mondial de marchandises. Pendant ce temps, Helsinki s’affichait comme le 1er port d’Europe pour le trafic de passagers avec près de 12,3 millions de passagers, et la Norvège devenait la 2e plus large flotte offshore du monde après les Etats-Unis. Quant à la Suède, elle programmait un investissement de quelques 1,8 milliards d’euro dans ses ports (Göteborg, Trelleborg, Stockholm, Malmö, etc). 

Indiscutables, ces chiffres dressent en quelques « data » le panorama d’une filière qui règne en maître dans les pays du Nord et qui bénéficie d’une expertise construite sur des siècles de tradition maritime. 


Mais de quoi parle-t-on exactement quand on évoque la Filière Mer ? Vincent Joly, Référent Industrie & Cleantech Pays Nordiques pour Business France donne un tour d’horizon : « C’est un secteur qui s’oriente en trois segments majeurs : les chantiers navals d’abord - soit la construction de navires pour tout type de secteur, puis les énergies marines et enfin les ports et solutions fret et passagers - soit les activités de transport, de construction et de gestion d’équipement liées au trafic maritime ». 


Avant d’ajouter : « Sur chacun de ces trois segments de marché, les pays nordiques ont démontré dans les années récentes des ambitions fortes de modernisation et d’innovation de pointe ». En témoigne le chantier norvégien de développement du navire YARA Birekland, premier porte-conteneur entièrement électrique et autonome au monde, lancé en 2017 par le groupe Kongsberg. Ou l’intérêt des chantiers finlandais de Meyer pour le GNL et les solutions d’efficacité énergétique dans le cadre de ses prochaines commandes (huit paquebots à livrer pour 2024). Dans le domaine portuaire, Helsinki souhaiterait utiliser les nouvelles technologies pour faciliter la gestion des passagers et du fret, devenant ainsi un pionnier dans le domaine des « ports intelligents ». Et au Danemark, une joint-venture entre Maersk et IBM vient de voir le jour pour exploiter des technologies blockchain à des fins de sécurisation des contrats et des mouvements de marchandises.



(Re)conquérir des parts de marché


« Cette effervescence technologique de la filière doit être l’occasion pour les acteurs français du secteur de renouer les liens avec les groupes leaders nordiques et de se repositionner sur ce marché » préconise Vincent Joly. En effet, l’explosion des marchés asiatiques et certains soubresauts conjoncturels (dont la crise pétrolière des années 70) ont parfois eu tendance à éroder l’appétit des exportateurs français pour ce marchés. Récemment, c’est la fin de la participation de l’actionnaire STX Europe dans les chantiers finlandais de Turku (NB : STX également propriétaire des chantiers de St Nazaire), qui a eu tendance à réduire la part des entreprises françaises dans la chaîne de valeur de la filière locale. Laissant à la concurrence le temps de s’organiser… « Mais heureusement, les grands groupes français sont encore présents en nombre dans la zone » tempère Vincent Joly. A commencer par CMA CGM, Technip ou encore Thalès qui font valoir les atouts de l’offre française sur la filière : une place de 6e mondial et de 2e européen sur le marché de la construction navale, et une reconnaissance internationale sur les équipements à haute valeur ajoutée (matériaux, électronique, équipements spécialisés…).


« La meilleure stratégie d’implantation pour les PME et ETI intéressées par ce secteur, c’est encore de nouer des partenariats avec les leaders locaux » confie Vincent Joly. Fortement capitalistique, la filière est en effet tirée par des géants d’envergure internationale, qui servent de porteurs de projets sur les sujets de modernisation en cours : Rolls Royce Marine, récemment repris par le groupe norvégien Kongsberg, a développé une forte expertise dans le développement de solutions de digitalisation, Danfoss équipe les premiers ferries électriques au monde. L’occasion pour les entreprises françaises d’agir en prestataires de services spécialisés sur ces questions…


Le contexte semble donc porteur mais la tendance ne devrait pas s’arrêter au regard des engagements de durabilité pris par les pouvoirs publics de la zone. Le gouvernement danois a ainsi énuméré quatre grandes priorités pour son cluster « Blue Denmark », dont la numérisation et la R&D avec un intérêt très marqué pour la réduction de l’impact environnemental. En Suède, l’objectif zéro carbone pour le transport maritime d’ici 2050 réaffirme l’intérêt des autorités pour les solutions anti-émissions (tout comme en Norvège où cet engagement est porté par la « Norwegian Shipowners Association »). Et la Finlande souhaite, elle, se démarquer sur le terrain de la navigation autonome en lançant les premiers navires de ce type sur la Baltique d’ici trois ans et un trafic commercial autonome d’ici 2025. 


« Toutes les conditions sont réunies pour faire valoir l’offre française » martèle Vincent Joly qui travaille avec les entreprises et pôles régionaux pour faciliter les relations avec les porteurs de projets locaux et créer des vitrines de l’excellence française à destination des donneurs d’ordres. Le Salon Nor-Shipping d’Oslo en juin est un des tremplins incontournables de networking et de visibilité pour les acteurs français, à travers le pavillon France.

Pour aller plus loin : participez au webinar de présentation de la filière Mer en Europe du Nord

  • Publié le 04/09/2018
  • Catégorie: Europe